2013 : Rosa sur le plateau

Armand Gatti et sa troupe ont présenté à Faux la Montagne les 10 et 11 mai 2014 la pièce « Rosa collective » sous titrée « Le chant de la mésange charbonnière, demandée en épitaphe par Rosa Luxemburg sur sa tombe. Repris en titre pour dire sur les murs de la ville la permanence du combat des humbles ».
Autour de cet évènement d’autres manifestations se sont greffées : projections, rencontres en librairie et ailleurs, conférence-débat sur Rosa Luxemburg, exposition. Selon les organisateurs, l’ensemble devrait faire sentir qu’entre le projet de transformations sociale né dans les masses au siècle dernier et exprimé par Rosa, et ceux qui s’ébauchent aujourd’hui ici et ailleurs, il y a plus d’une résonance. Tout en conservant l’originalité de sa démarche théâtrale affinée tout au long de l’aventure de
La traversée des langages, illustrée en été 2010 par l’expérience de création à Neuvic -19 (arts martiaux chinois, chant choral..), Gatti a choisi de revisiter Rosa collective, pièce de théâtre composée à Berlin en 1971.

Rosa sur le Plateau : un succès indiscutable

L’action “Rosa sur le plateau” s’est déroulée selon les modalités prévues, en différents lieux du plateau de Millevaches, du 4 mai (arrivée du collectif, pour la préparation des représentations) au 12 mai (lecture d’Armand Gatti, au trou de la Berbeyrolle) 2013. Au total : deux représentations de la pièce d’Armand Gatti, Rosa Collective, deux rencontres-discussions, l’une autour des éditions Spartacus et l’autre autour de l’évocation d’Henri Nanot, un débat autour de la révolution allemande de 1919, une soirée et une matinée cinéma, une exposition du plasticien Ramon et une lecture d’Armand Gatti.


Ouverture d’espace plus ou moins ponctuels
Le Refuge des résistances Armand Gatti approfondit ainsi son ancrage sur le territoire du Plateau de Millevaches.  Les moyens choisis pour cela sont notamment l’ouverture d’espaces plus ou moins ponctuels propices aux rencontres et à travers des lieux, des moments ouverts de formations, réflexions, créations, recherches, rencontres internationales. C’est dans cette continuité qu’a été organisée la semaine “Rosa sur le plateau”. Déjà des suites à cette initiative se profilent.
De Berlin au Plateau de Millevaches, La distance n’est pas si grande
Opposante de premier plan à la guerre de 1914, fondatrice de la Ligue Spartakus, Rosa Luxemburg a été assassinée en participant à la révolution allemande de 1918. Autant pour sa vie que par ses écrits, Elle reste une référence pour ceux qui ressentent la nécessité d’une révolution sans comité central. Personnage attachant, aux multiples facettes, son évocation à travers la pièce d’Armand Gatti, écrite à Berlin, à partir d’événements se passant à Berlin, ne peut qu’entrer en résonance avec le Plateau de Millevaches, tant au travers de la mémoire mais aussi de l’histoire et des expériences actuelles qui participent à en faire un territoire vivant et novateur.
La permanence d’un esprit de résistance
La guerre de 1914-1918 et sa contestation sont bien présentes sur différents sites du Plateau de Millevaches : le monument aux morts de Gentioux (inauguré en 1922) et son message de refus de la guerre gravé dans la pierre et porté par la statue d’un écolier, la tombe à Royère du soldat Félix Baudy, fusillé « pour l’exemple » en 1914 et dont la plaque exprime la révolte de ses camarades maçons, mais aussi le souvenir bien vivant de la révolte des soldats russes (été 1917) retirés du front par les autorités militaires, isolés au camp de La Courtine et proclamant un soviet pour exprimer leur refus de la guerre. Et la Permanence de cet esprit de résistance, tout au long du vingtième siècle avec la rapide constitution de maquis, après la déroute de l’armée française, en 1940 ou encore le soutien des habitants de La Villedieu aux « rappelés » de la guerre d’Algérie (7 mai 1956).
La manifestation a rassemblé plus de 500 personnes au travers des différentes rencontres sans oublier la trentaine de bénévoles qui se sont relayés pour organiser l’évènement ni les vingt artistes venus de toute la France pour présenter leur spectacle. La majorité des spectateurs vivent sur le plateau, mais certains sont venus de Tulle, Limoges, Aubusson, etc…